La vie en rose ...

02 avril 2008

Des news

Puisque c'est à cela que doit servir ce blog, voici quelques nouvelles des Keller :

~*~ ElSa ~*~

Petite fille de 3 ans et 3 mois pleine d'imagination qui vit entourée de princes et princesses qu'elle seule peut voir ... Son ami imaginaire s'appelle d'ailleurs Aladdin, elle lui parle, rit de ses blagues trop drôles et surtout elle rêve de se marier avec lui. Toutes ses phrases commencent par "quand je serai grande ..." et terminent par "mais je suis encore petite, hein maman ?". Pas facile à cet âge de savoir ce qu'on veut, grandir, ça donne envie mais que c'est rassurant de rester un bébé ...

~*~ LuCiE ~*~

Jolie grignette de 20 mois, haute comme trois pommes ... Bouillon d'énergie et de malice, Lucie ne pense qu'à grimper, sauter et ... manger ! Mais Lucie, ce qu'elle aime par-dessus tout c'est les bras de sa maman ... même que cette dernière lorsqu'elle est en congé doit prendre son petit greffon sur le dos en écharpe pour pouvoir faire quelque chose d'autre que de pouponner ! LOL ! Depuis qu'elle a été opérée, Lucie est différente, zen et joyeuse, puis elle parle comme un moulin !

~*~ PaPa ~*~

Comme toujours, papa est partout en même temps ... les travaux à l'extérieur et à l'intérieur de la maison vont bientôt commencer ! Son travail, les enfants et maman dont il s'occupe merveilleusement bien, les vignes, c'est un super papa que nous avons là !!

~*~ MaMaN ~*~

Maman se pose beaucoup de questions sur son boulot depuis quelques mois ... elle aime toujours autant ce qu'elle fait mais elle a besoin d'approfondir son travail, de trouver une ligne directrice à ses prises en charge. Elle a trouvé LA formation qu'il lui faut !! Elle vous en parlera dans un post consacré, ça s'appelle PADOVAN. Le souci (qui n'en est pas un à vrai dire) c'est que cette formation a lieu à 500 km des amours de sa vie et ce pendant 4 jours ... mais maman est très courageuse, elle a pris sa vie en main et a décidé de foncer. Il parait que les enfants ont besoin d'une maman épanouie personnellement et professionnellement parlant, et puis il parait que les enfants pourront profiter de leur papa à 200 % comme ça !!

************** BIZ A TOUS **************

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Oh lala ...

j'ai honte ! Je ne me suis pas penchée sur mon blog depuis le mois d'octobre !!

Faut quand même que je vous explique ce qui m'a empêché de continuer :

Je voulais illustrer le récit de la naissance de Lucie par une photo d'elle à la naissance ... et malheur, j'ai découvert que ses toutes premières photos avaient disparu !

Ca m'a bien démoralisé et du coup, je ne suis pas revenue par ici ...

Bref, pas de photo de Lucie, mais de toutes façons, à la naissance c'était la copie conforme de sa soeur !! si si je vous promets, on a du mal à y croire en les voyant aujourd'hui mais à la naissance c'était vraiment le même bébé !

Allez, j'ai fait le premier pas, je me réconcilie avec mon blog et je reviens vous voir très bientôt.

Posté par lucielsa à 15:07 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

05 octobre 2007

Mon coeur de maman s'est agrandi pour la deuxième fois

    Lorsqu’on a mis un enfant au monde une première fois, on croit avoir atteint le summum, jamais je n’aurais pensé pouvoir ressentir plus d’amour et de fierté que ce jour là où Elsa est venue au monde. . . et pourtant !

   Ma Lucie, mon petit ange tout doux … tu as fait du 31 juillet une date mémorable, tu as fait de ce jour d’été un jour unique aux yeux de tes parents …

   Pour parler de ta naissance, il faut d’abord parler de ta conception mon amour, ton papa et moi avons décidé de te mettre en route un vendredi … tout en gardant dans un coin de notre tête le parcours semé d’embûches qui nous a mené à ta grande sœur … tu étais déjà bien pressée de nous rejoindre jolie poupée puisque le mardi suivant tu élisais domicile dans mon ventre et ce pour 9 longs mois … 9 merveilleux mois de symbiose entre nous deux, décidément je ne serais jamais plus épanouie qu’avec le fruit de ma chair dans mon ventre … 9 mois de questionnement aussi, tu dois t’en souvenir toi de toutes ces questions que je me posais en secret… des questions par rapport à ta sœur, à ta place dans notre famille, à mon rôle de maman de deux enfants … ton arrivée sur terre a enlevé tous les doutes, j’ai eu une révélation, LA révélation, celle qui vous vous chamboule à jamais, celle qui fait de vous une personne nouvelle …

  Depuis début juillet, je fais régulièrement ce qu’on appelle du faux travail … c’est pas joli ça comme expression, n’est-ce pas ? moi, je sais intimement que ce travail n’est pas faux car il me prépare psychologiquement et physiquement à ton arrivée parmi nous … tous les jours, pendant des semaines, inlassablement, je contracte des heures durant … mais toujours pas assez pour déclencher le travail, celui qu’on appelle le vrai travail …

   Et ce lundi 31 juillet 2006, à 7h30 précisément, je suis réveillée par une contraction différente des autres, pas beaucoup plus forte des autres, non, juste différente parce que je sais au plus profond de moi que c’est la première d’une longue série jusqu’à cette rencontre tant attendue avec toi, ma jolie …

  A 7h31, Elsa pousse un grand cri puis se rendort illico … peut-être sait-elle, elle aussi, ce qui va se passer aujourd’hui ?? cette idée ma plait bien …

  Je reste au lit un petit peu en guettant le réveil afin de voir à quelle fréquence vont arriver les prochaines … elles ne se font pas trop attendre puisque toutes les 10 minutes je sens mon utérus se durcir … entre deux je te sens gigoter, je souris en t’imaginant faisant tes cartons, comme on fait lorsque l’on quitte un endroit pour toujours … je sais qu’on est encore loin du but mais je suis euphorique !

   Dès mon lever je vais sur internet dire ce qu’il en est à mes copines janviettes qui m’ont si bien accompagnée au cours de cette grossesse à rebondissements … les contractions sont régulières mais tout à fait supportables, je sais que le pire et le meilleur restent à venir …

   Elsa se réveille, la journée démarre comme toutes les autres, comme si de rien n’était …à la différence près que je m’appuie sur tout ce que je trouve en soufflant environ toutes les 10 minutes !

   Vers 10h, avec des contractions régulières et une intime conviction, je demande à ton papa de me conduire à la maternité pour faire le point, juste pour savoir si c’est bien le travail qui démarre et où nous en sommes. On appelle mamie pour garder Elsa et on file …

   10h30 : arrivée à la maternité, on est accueilli par une sage femme d’un certain âge, très froide au premier contact et assez directive … j’espère vraiment ne pas avoir à accoucher avec un mur de prison … après un monitoring d’une demie heure où apparaisse quelques contractions et un examen qui révèle un col ouvert à 2 doigts, la sage femme me renvoie chez moi : «  Ca peut être pour aujourd’hui comme pour demain comme pour la semaine prochaine » … Merci madame mais moi je sais très bien que c’est pour aujourd’hui, pensais-je en souriant … c’est pas grave je suis pas mécontente de pouvoir faire une partie du travail chez moi, c’est ce dont j’avais envie, être libre de pouvoir gérer mes contractions comme je le voulais, dans mon cocon familial, tout en continuant mon train-train quotidien …

   C’est d’ailleurs ce qui s’est passé toute la journée, je fais à manger, je joue avec Elsa, je vais sur internet …  toutes les 8 minutes je suis interrompue par une contraction mais ça ne m’empêche pas de me sentir bien et détendue. Papa est là, il vaque à ses occupations tout en me surveillant du coin de l’œil, je suis heureuse de le voir comme ça, aussi zen que moi …

   Dans l’après midi je reçois la visite de ta mamie et tata Sylvie … ça fait du bien de voir des têtes connues, de pouvoir parler de ce que je vis avec des gens que j’aime, c’est tellement intime tout cela, que cela rassure de pouvoir mettre des mots sur ses sensation en direct… rien à voir avec mon premier accouchement où j’étais déjà sur la table à subir ma douleur, à ne plus vivre que par elle … la position 4 pattes devient vite LA position qui me soulage … d’ailleurs cela amuse beaucoup ta grande soeur qui vient me taper sur les fesses en disant « maman fofolle », ça a le mérite de me faire sourire ! Quelle chipie ! j’ai vraiment hâte de vous voir ensemble, de voir naître la complicité, de vous regarder jouer, vous chamailler … tous ces instants qui font de magnifiques souvenirs pour la vie entière … les contractions sont toujours espacées de 8 minutes mais qu’est-ce que j’ai mal … le fait d’être dans mon foyer, avec ma famille me permet de gérer ça très bien et surtout de rester concentrée sur ce qui m’arrive … je ne suis pas en train de souffrir mais en train de mettre mon enfant au monde … je te sens de moins en moins bouger mon ange, je sais que tu te prépares toi aussi au grand saut … bientôt nous ne serons plus un mais deux … j’ai hâte et j’ai peur aussi … ça fait si peu de temps que j’ai réalisé que tu étais là, si peu de temps que je profite enfin de cette grossesse … et déjà il nous faut nous séparer … ainsi va la vie et je sais que de merveilleuses choses nous attendent très bientôt …

   17 h, Véro vient voir où nous en sommes … je commence à vraiment me sentir patraque, barbouillée … j’ai envie de vomir à chaque contraction et c’est là que ton papa me dit qu’il faudrait peut-être y aller, il n’a pas l’air rassuré … les contractions ne sont toujours pas plus rapprochées  mais la douleur devient de plus en plus forte, de plus en plus difficile à contenir … on se prépare, je quitte ma maison et ma grande fille avec un nœud dans l’estomac, je suis si bien ici …

   19h, nous voilà à l’hôpital, une autre sage femme nous accueille, Carole, elle est jeune, douce et très rassurante, elle me fait un toucher vaginal, mon col n’est encore ouvert que de 3 cm … je sens que ça va être long mais je ne me décourage pas , je gère très bien et je me sens en grande forme … on m’installe en chambre, la chambre 204, celle que j’avais pour Elsa, ça plus la crotte de chien dans laquelle j’ai marché en arrivant, avec le pied gauche s’il vous plait, je suis sure que tout va bien se passer !!!!! LOOL …

   Les souvenirs remontent à la surface, je suis rassurée, comme si j’entrais un peu chez moi, dans un terrain connu du moins … les contractions deviennent rapidement plus rapprochées, toutes les 5 minutes je me sens envahie d’une force indescriptible, quelque chose qui me prend tout le bas du ventre, je marche et ça me fait du bien … je fais les 100 pas dans cette chambre … je commence à gémir sur chaque contraction, cette douleur m’envahit de plus en plus, autrefois localisée dans le bas ventre, elle se propage maintenant dans l’ensemble de mon corps, m’empêchant de faire quoi que ce soit lorsqu’elle est là … la respiration m’aide à vivre chaque contraction pleinement, à penser à cette merveilleuse aventure que je vis, à la rencontre qui se profile à l’horizon … mon amour, vivement que je te serre contre moi, vivement que je sente ta peau effleurer la mienne, … chaque contraction me rapproche de mon enfant … j’accueille chacune d’entre elles avec délice, je les vis avec force … la vie n’est pas loin, le but est tout proche.

   21h, papa commence à s’inquiéter, la douleur devient lancinante, transcendante,  les contractions sont là toutes les 3 minutes, ce court répit ne me permet plus de me concentrer sur toi ma princesse … je ne gère plus rien du tout et ton papa prend mon sac et m’emmène au bloc …

  On arrive, Carole m’ouvre la porte et me voyant appuyée contre le mur, elle ne me demande même pas ce qui m’amène. Entre deux contractions on parvient à discuter de ce que je veux, je lui dis que j’aimerais un accouchement le plus naturel possible, mais je ne sais pas si je saurais me passer de la péridurale … toutefois je veux essayer … je sais qu’ils ont une baignoire et je demande si on peut m’y installer … elle fait couler l’eau, pendant ce temps, je gère plus ou moins mes contractions qui sont passées aux 3 minutes …

   21h30, je plonge dans la baignoire … ahhhhhhhhh que c’est bon … le contact de l’eau chaude sur mon ventre me fait un bien fou … les contractions sont toujours aussi fortes mais je parviens à me détendre entre deux et à me recentrer sur l’objectif : ta naissance … je te parle, je te dis que je sais que ce n’est pas facile pour toi non plus, que je suis avec toi, que je t’aime déjà très fort … je suis avec toi sur ce chemin … lorsqu’une contraction arrive je me mets à genoux dans la baignoire et m’appuie sur le bord … tout en broyant la main de papa … puis après la tempête, je me rallonge et me recentre sur toi … que c’est bon de se retrouver, toi, ton papa et moi … là au calme … dans la douceur de l’obscurité … cela va durer comme cela pendant 1 heure … 1 heure de répit avant l’inimaginable … sur une contraction particulièrement douloureuse, je vomis … puis là tout s’accélère, on accourt de partout … aide-soignante, sage-femme … on me sort de l’eau …

   C’est à partir de là que mes souvenirs s’essoufflent … ma tête n’est plus, mon corps n’est plus … je ne suis plus … j’essaie depuis des jours et des jours de mettre des mots sur les 10 minutes qui ont suivi mon retour au bloc mais je ne peux pas … le trop plein de souffrance peut-être, le traumatisme sûrement … des images, des paroles, des flashs voilà ce qui me reste de ces 10 dernières minutes …

   Techniquement, je suis passée d’une ouverture de 4 cm à ta naissance en 3 contractions, 7 minutes exactement … c’est exceptionnel dixit la sage-femme …

   Concrètement … j’ai bien cru mourir … d’ailleurs je crois bien avoir dit que je voulais mourir … ce ne sont que des mots bien sûr mais ils en disent long sur ce que j’ai ressenti à ce moment-là … impossible de décrire la douleur … je crois qu’on aurait pu m’arracher un membre que je n’aurais pas eu aussi mal … j’ai hurlé, hurlé tout ce que je pouvais, j’ai sorti tout ce que j’avais dans mes tripes, je ne tenais plus en place, j’ai failli tombé de la table d’accouchement à maintes reprises, ça m’était égal … je voulais que ça s’arrête … l’anesthésiste était là … démuni devant tant de souffrance il voulait me faire une péridurale … la sage femme essayait de m’en dissuader, elle savait que ça irait très vite et elle savait que je n’en voulais pas au départ … je ne la remercierai jamais assez de m’avoir aidé à tenir bon … voilà … comme d’habitude je n’arrive pas à ressortir le dixième de ce qui s’est passé … le dixième de la tourmente, du chaos qui m’ont envahi à ce moment là … c’était terrifiant …et pourtant … tellement beau … je n’étais plus moi-même, animale, bestiale, je me transformais en machine à donner la vie … première contraction je passe de 4 à 8 cm … deuxième contraction de 8 à 10 … troisième contraction … je hurle que je veux aller à la selle … Gérard me regarde incrédule et me dit « mais … c’est pas possible, c’est pas l’moment » … j’en ris aujourd’hui, sur le moment j’ai failli l’étriper !!! LOOL ! je suis à quatre pattes, on voit la tête de mon ange arriver … on m’ordonne de m’allonger, je ne veux pas, on se met à plusieurs pour me tenir et on m’allonge … je le regrette … amèrement … quoi qu’il en soit, je pousse 1 fois et là

voilà … je la sors moi-même de mon corps … je la tiens déjà alors qu’elle est encore à moitié en moi, à moitié hors de moi, quelle étrange sensation … elle est toute chaude, toute mouillée … je la pose sur moi, elle ne pleure pas, elle a les yeux grands ouverts et elle me regarde … oh mon dieu … comment ai-je pu douter un seul instant de ne pas savoir t’aimer aussi fort que ta sœur … au moment où tes grands yeux ont croisé les miens je me suis sentie envahie d’un amour incommensurable, ce petit être tout neuf, ce petit bout de nous faisait partie de notre famille pour toujours … ma Lucie jolie, je t’aime déjà si fort … je te serre contre mon cœur et jamais je ne voudrais que cet instant là ne s’arrête … tu as fait de moi une nouvelle femme … chaque naissance nous grandit, chaque enfant nous transforme … merci pour ce bonheur immense … merci pour cet amour unique… mon cœur ne cessera jamais de grandir avec vous mes filles …

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26 septembre 2007

Elsa, ton premier cri ...

Depuis tu as enchanté ma vie, les secondes, les minutes, les heures, les jours et les mois n'ont plus la même saveur, je me lève le matin en pensant à ce que va encore bien pouvoir nous apporter cette belle journée, tout est ancré dans ma mémoire, ton premier sourire, ton premier areuh, ton premier câlin, tes premiers pas, tes premiers blablas ... et les photos sont là pour me remémorer chaque instant, chaque bonheur quotidien ...

Première photo, tu es encore sous le choc de la naissance, on vient de te poser sur moi et je te susurre à l'oreille combien je t'aime, que je suis là et que tu me combles déjà ...

elsa

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22 septembre 2007

Un jour d'hiver pas comme les autres ...

Ce mercredi 5 janvier est un jour comme les autres, rien ne présage l’aventure qui nous attend ! Je vaque à mes occupations : lessives, derniers rangements dans la commode de bébé, sieste, Karine me cherche pour récupérer les jouets de Justine chez Olivier, on plaisante sur la date de mon accouchement, le 10 je dis, le 10 c’est la nouvelle lune !!

Je rentre à la maison vers 18h, je me sens barbouillée mais en aucun cas je considère ça comme un signe … je ne le sens vraiment pas pour maintenant. Je m’allonge alors sur le canapé et vers 20h30, je me lève pour aller aux toilettes. Je n’ai pas le temps de faire un pas que je sens un liquide chaud couler le long de mes jambes … et là je n’ai plus aucun doute : je perds les eaux !! Waouh, si je m’attendais à ça … et là, panique à bord, je m’assieds sur les toilettes et je réalise : je vais accoucher, bientôt (si j’avais su ce serait dans presque 24 heures !) Nous rencontrerons cette petite poupée tant désirée, bientôt nous la serrerons contre nous …. Je tremble, d’excitation et de peur à la fois …

Bon, on se calme, Gégé rentre à 21 heures et on avisera … quand il entre dans l’appart, je suis assise au bureau, une serviette éponge sous les fesses, je tremble de tout mon corps et lui dis : « t’es en forme ? Parce qu’on ne va pas beaucoup dormir cette nuit ! ». Monsieur est zen, il sourit et veut encore regarder infosport avant de partir … il est fou ou quoi !!?? moi je veux aller à l’hôpital, je suis trop impatiente …

Et zou! C’est parti … à 21h15, on sonne au bloc … Christelle, une jeune sage-femme nous ouvre, je lui explique et on va en salle d’examen voir si c’est bien les eaux et si le travail a commencé … je suis sur un petit nuage, je me laisse porter, je suis déjà ailleurs … Le verdict de l’examen n’est pas fameux : j’ai bien fissuré la poche mais le col n’a pas bougé depuis le 28 décembre (dernier rend-vous gynéco), col postérieur ouvert à un doigt … il va falloir être patients ! Surtout que les contractions sont présentes sur le monitoring toutes les 10 minutes mais je ne les sens absolument pas ! La coure aux " combien de doigts d’ouverture" est lancée …

A 22 h, nous voilà installés dans la chambre 204 avec comme consigne de revenir vers 0h pour un nouveau contrôle … Je m’allonge sur le lit, Gérard sur le fauteuil et on pique un petit somme.

0h, je sursaute réveillée par une contraction un peu + douloureuse, je surveille ma montre, elles reviennent assez régulièrement … je préfère attendre un peu avant de refaire un contrôle, je sens que le travail ne fait que de commencer !! La douleur est tout à fait gérable, tant que j’arrive à discuter avec Gérard pendant une contraction c’est que ce n’est pas encore très efficace …

2h, les contractions deviennent plus gênantes, pas encore très douloureuses mais gênantes … elles me coupent la respiration et j’ai du mal à me concentrer sur autre chose quand j’en ai une … bon, je suis quand même curieuse, allons voir Christelle pour voir si ça a avancé.

2h45, toucher vaginal avec un col ouvert à 2 doigts … C’est pas folichon mais le travail a bien commencé, ce sera pour aujourd’hui si tout va bien.

3h30, retour en chambre après un monitoring, je m’allonge à nouveau mais pas pour longtemps cette fois-ci …

4h … première contraction qui nécessite que je me lève et que je souffle … je commence à comprendre ce que ça fait une VRAIE contraction (et pourtant ce n’est encore rien !) … de 4h à 7h, je gère les contractions comme je peux … mais je m’en sors bien : je m’appuie sur le lit, je décambre le dos et je souffle … je pense à toi, ma fille, à ces 9 mois passés ensemble, à ce bonheur que je ressens depuis que tu es entrée dans ma vie, à ce qui nous attend … et ça me fait un bien fou … je suis ailleurs, loin de tout et tout près de toi …

7 heures changement de garde chez les sages-femmes, Marielle arrive … une femme d’une quarantaine d’années que je n’ai jamais vue et qui pourtant restera pour moi une rencontre inoubliable. Elle m’examine, mon col est ouvert à 2 doigts larges mais pas encore 3 … pfff, tout ça pour ça … ça commence à faire long … Marielle entend bien ma déception et me propose de revenir la voir vers 10 heures et on avisera.

De 7h à 10 heures, les contractions se font de plus en plus douloureuses, je bouge mon bassin de gauche à droite de droite à gauche pour faire avancer les choses. Je gère la douleur comme une pro, je suis fière de moi et je me sens bien. J’ai mal et je contrôle parfaitement la situation, si c’est ça « accoucher », je me suis vraiment inquiétée pour rien !  (avec le recul, je trouve cette pensée assez drôle !) .

10 heures, comme prévu nous allons voir Marielle, elle m’examine … col ouvert à 3 … là, j’avoue que je suis très déçue, je souffre et pourtant ça n’avance pas ! Dieu que je suis fatiguée … mon gynécologue arrive, discute avec Marielle et ils décident de forcer un peu les choses avec une petite piqûre dans les fesses. Après un monitoring qui montre que la puce se porte bien, nous retournons en chambre … au bout de 30 minutes les contractions deviennent de + en + fortes, plus rien ne me soulage à part la position à 4 pattes … je parle avec Gérard, puis dès qu’une contraction arrive, je lui demande de se taire (je ne supporte même plus le son de sa voix !), je me mets à 4 pattes au sol et je souffle … bientôt tu seras là ma princesse, chaque contraction nous rapproche, je te sens bouger au creux de moi mais plus comme avant, je sens bien que c’est la fin, que tu te prépares pour la rencontre et je suis heureuse de souffrir car c’est le chemin qui me mènera à toi, et la douleur s’efface,  je me relève et discute comme si de rien n’était ! c’est hallucinant !!

13h30, Marielle appelle dans la chambre pour savoir comment ça va ; je lui dis que j’ai mal et que c’est très régulier. Elle me dit que c’est très bien, que c’était l’effet escompté, elle me dit de venir en salle d’accouchement, qu’on va m’installer … Gérard et moi sommes tout excités !!Ca y est le moment tant attendu arrive, les choses sérieuses commencent … Je quitte la chambre ne me disant que la prochaine fois que j’y entrerai je serais maman et plus rien ne sera comme avant …

14 h, installation au bloc, le monitoring n’est pas très rassurant, Elsa commence à fatiguer, à chaque contraction son rythme cardiaque chute … c’est assez effrayant de voir son petit cœur passer de 120 à 70 pulsations/minute … On prend la décision d’accélérer les choses avec une perfusion d’ocytocine et Marielle me propose la péridurale car les contractions vont devenir très fortes et il ne s’agit pas de nous fatiguer encore plus, la puce et moi … alors oui, j’accepte car je commence à ne plus pouvoir gérer, fatigue et angoisse mélangées, et que j’aimerais bien dormir un peu pour être en forme quand ce sera le moment de pousser …

15h, ça y est, l’anesthésiste quitte la salle de travail, je suis bien, je ne sens plus le bas de mon corps, une trêve pendant la bataille, je savoure … et je garde les yeux rivés sur le monitoring, ton cœur continue de baisser un petit peu à chaque fois mais ça va … Gérard va manger un morceau et je m’endors paisiblement … pas si longtemps que ça … au bout d’une heure je commence à ressentir quelque chose du côté gauche de mon ventre … ça tiraille. Je ne m’inquiète pas trop, j’attends mais je ne peux plus dormir, ça commence quand même à être franchement douloureux … et Gérard qui n’ets pas là, et marielle qui est au bout du couloir … puis je commence à gémir, c’est insupportable, j’ai envie de me lever, de bouger … impossible me dit Marielle, je suis clouée sur cette table et je n’ai qu’une possibilité : subir cette douleur que me déchire les entrailles … Gérard reviens, je t’en supplie, je perds pied et j’ai besoin de toi …

16h30, il est là, Marielle est à mes côtés, je sens bien qu’ils sont près de moi … mais moi je ne suis plus là, je suis rentrée au fond de moi-même, je ne vis plus que cette douleur, rien d’autre n’existe plus, j’en oublie même que c’est pour ma fille que je souffre … je n’en peux plus je veux que ça cesse … je me sens comme écartelée, mais c’est quoi cette torture ?? Comment peut-on imaginer une telle douleur, faites quelque chose je sens que je ne gère plus rien du tout, je ne suis plus moi mêmes je ne sens plus rien d’autre que cette douleur atroce, je suis la douleur … Gérard me serre la main à chaque contraction, enfin je lui broie la main à chaque  contraction et ça me soulage un petit peu, je sais qu’il est là et qu’il m’accompagne, on vit chaque contraction à deux et ça me fait du bien de partager un peu de cette douleur … merci d’être là !

17h, Marielle me refait une injection du produit de la péridurale, « ça va aller mieux Aurélia … tu es très courageuse » … je m’en fiche d’être courageuse, faites ce que vous pouvez pour que ça cesse, pour que je retrouve mes esprits si ce n’est que quelques minutes … injection … 15 minutes après, ça ne va toujours pas mieux … pourquoi ? mais pourquoi elle ne veut pas me lâcher cette douleur ? pourquoi j’arrive pas à gérer, pourquoi je ne suis pas capable de supporter … Marielle m’explique que ça arrive parfois, la péridurale ne fonctionne pas … mais pourquoi moi !!!!!!!!! je veux plus accoucher !!!! je me sens comme prise dans un tourbillon, tout tourne autour de moi, je perçois de très très loin les paroles réconfortantes de Marielle, la chaleureuse présence de Gérard, les évènements se précipitent, je vomis, Gérard est là il me tend un récipient, Marielle court chercher l’anesthésiste … Gérard me dira plus tard qu’à ce moment là ils ont eu très peur …

18h l’anesthésiste est là, il m’injecte un produit à base de morphine, au bout de 5 minutes je ne ressens plus aucune douleur, je me sens partir … lasse et soulagée à la fois … j’entends des voix me demander si ça va mieux … je peux à peine répondre … laissez moi apprécier … je suis bien … je suis comme dans une bulle … je me recentre sur ma fille que j’avais un peu oubliée pendant la tempête … je suis bercée par les battements de son cœur … je t’aime Elsa, je ne te sens plus bouger mais je sais que tu es là … avec toi au creux de mon ventre et papa à mes côtés, je me sens forte, on forme une équipe de choc, encore quelques heures à attendre et tu seras là …ce n’est pas le moment de flancher, après tous les obstacles que nous avons rencontrés, nous voilà au bout du chemin qui nous mène vers toi, mon amour … je suis bien, je suis zen … je t’aime Elsa …

19h … après une heure de totale symbiose avec ma fille, me voilà  rappelée à la réalité avec des douleurs dans le haut des cuisses … ça fait mal dis donc mais c’est quoi ça ? Marielle, me fait un toucher vaginal et confirme son idée : le col est presque ouvert à 10 et Elsa a entamé sa descente dans mon bassin … elle est encore coincée par un bourrelet sur le col … ça c’est la théorie … la pratique c’est … une douleur inexprimable, inavouable, inimaginable … ce que j’ai ressenti il y a deux heures de cela n’était rien du tout … je gémis à chaque contraction je ressens le besoin de bouger mon bassin, je ne demande même pas si j’ai le droit de bouger je le fais instinctivement … j’ai l’impression qu’on m’arrache le bassin, je gémis sur chaque contraction … Marielle me propose de me masser les cuisses avec une huile essentielle … qu’elle essaie si elle veut … la douleur est insoutenable … mais Dieu qu’est ce que j’ai fait pour souffrir comme ça !!!! les massages de Marielle me font un bien fou, je la remercie au moins cent fois, je l’aime, elle est ma sauveuse … puis lorsque les contractions reviennent je lui demande d’arrêter, je ne réfléchis plus, je fais ce que mon corps me dicte de faire, je me laisse aller à mon instinct … je lève mon bassin, le bouge de gauche à droite, de bas en haut, d’avant en arrière … Marielle me félicite et me dit que sans le savoir j’aide ma fille à descendre dans mon bassin … ça me soulagerait presque mais cette sensation d’être écartelée de l’intérieur ne me laisse plus aucun répit … Marielle me dit de ne surtout pas me gêner, si j’ai besoin de crier je dois y aller … que n’a-t-elle pas dit ?! Mes gémissements se transforment rapidement en cris puis en hurlements … ça me fait un bien fou … je sors de mon corps, je ne suis plus moi-même, je découvre en moi une violence et une bestialité que je n’aurais jamais imaginées.

19h30, mon col n’est pas encore complètement ouvert mais Marielle me propose de commencer à pousser pour voir ce que ça donne … c’est parti, sur la prochaine contraction, je réunis toutes mes forces et je pousse, je pousse ma fille hors de moi … je la sens descendre … Dieu que c’est bon !! Voyant que ça me soulage et que la poussée est efficace, Marielle me dit qu’on peut continuer … je suis assise sur la table, les fesses au bord et on m’installe une barre sur laquelle je peux tirer pour me soulever …Marielle est à genoux parterre, pieds nus, elle tend ses mains, prête à accueillir notre enfant … à partir de ce moment là, je vis chaque contraction comme un pur bonheur, c’est quasiment jouissif … Marielle st impressionnée par le sourire qui illumine mon visage malgré la force des contractions … je ne sais pas non plus comment je fais pour être si heureuse … je souffre comme je n’ai jamais souffert et pourtant je ressens quelque chose de fabuleux … je suis en train de mettre ma fille au monde … que c’est bon de s’accomplir, de se réaliser … que c’est bon de te sentir avancer sur le chemin de notre rencontre … Elsa ma fille, ma vie … tu n’as jamais été si près de moi … je vis ce que tu vis, je suis toi à ce moment là … la symbiose n’a jamais été aussi parfaite, j’ai l’impression que c’est moi qui descends dans cet étroit passage, au bout du tunnel je vois la lumière … oui, Elsa on y est bientôt …

19h45, la poussée devient de moins en moins efficace, on voit tes cheveux selon Marielle et Gérard mais je n’ai plus de forces … je suis à bout … puis Marielle a une idée de génie, elle me cherche un miroir et me permet de voir ma fille sortir de mon corps … je pousse avec le peu d’énergie que j’ai encore et que vois-je ? un petit crâne chevelu … des cheveux tout noirs et longs d’au moins 4 cm … et là j’éclate de rire, je pleure tellement je suis émerveillée … je trouve en moi une force que je ne me connaissais pas … je pousse, à chaque poussée je te vois arriver … plus je te vois et plus je t’aime … comment est-il possible d’aimer à ce point … au bout de 10 minutes, je vois enfin ta tête hors de moi … tu es là … je regarde ton papa, il n’en revient pas … il secoue la tête et me regarde à son tour … la voilà, la voilà cette petite poupée tant convoitée … il m’encourage, allez, encore un peu et c’est terminé … effectivement, encore une poussée pour les épaules et Elsa est posée sur moi … combien de fois m’étais-je imaginé ce moment … jamais je n’aurais pu imaginer le centième de la force de l’émotion que j’ai ressentie à ce moment là … aucun mot pour décrire cela … Gérard, moi et notre fille, un peu de lui, un peu de moi… me voilà complète, entière, accomplie … je ne serais plus jamais la même … une nouvelle vie nous attend, une vie que tu es venue éclairer ce jeudi 6 janvier 2005, telle une étoile tu es venue nous guider sur le chemin du Bonheur … merci Elsa, merci d’être là, merci d’être toi … je t’aime.

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Comment on s'est rencontré ...

Voilà, mon zhom (comme on dit chez nous) c'est Gégé la tulipe, Gérard quoi ...

J'avais 14 ans et lui 18. Ce qui m'a fait flasher c'était sa Corsa verte, enfin non ... pas le tas de tôle ;) mais plutôt le fait qu'il avait une voiture !! LoL je plaisante ...

La première fois que je l'ai vu, j'ai su ... j'ai su quoi ? je sais pas mais j'ai su que c'était pas le premier venu ... mais bon, j'avais pas l'âge des galipettes et puis le Gégé, il ne m'avait même pas remarquée ce gougeat !!

On s'est revu l'année d'après, j'avais donc 15 ans et lui 19. Sous prétexte qu'il voulait que je lui prête mon cd 2 titres de "mangez-moi" (tube de l'été 94) il a enfin osé m'adresser la parole ... t'aurais quand même pu trouver plus romantique Gégé !!!

Bref, on s'est parlé, on s'est vu, revu puis ... enfin ... alors qu'on y croyait plus, le BISOU ! (25 aût 1994 à 0h04 :) bah oui, fallait que je rentre à 0h00, j'étais à la bourre).

Depuis, on ne s'est plus quitté, comme pile et face, tic et tac, pif et hercule, bonnie et clyde ... on est devenu inséparable !!! Loooooooove quand tu nous tiens !

Puis on a été séparé plusieurs fois à cause de l'armée, de mes études ... mais grâce à air france et à cette merveilleuse invention qu'est le téléphone, nous avons gardé contact, ouf !

Aujourd'hui, nous sommes mariés, nous vivons dans une belle maison, nous avons deux merveilleuses petites filles, un chat un peu débile et nous sommes heureux.

Certes, il arrive que ses blagues débiles ne me fassent plus rire, que ses pets au lit me dégoûtent, que sa façon de manger les spaghettis m'horripile mais que voulez-vous ... mon gégé c'est ma plus belle rencontre, c'est lui qui m'a révélée femme, il est tout pour moi, tantôt ami, tantôt mari, tantôt amant, tantôt père tantôt punching ball ... je t'aime mon Gégé.

De cette merveilleuse rencontre sont nées ...

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Les keller en photos

Mélangez un petit peu de :

PaPa

Copie_de_Hochzeit_Aurelia_et_Gerard_3_053

MaMaN

juillet_2007_422

Et vous obtenez :

Une paupiette : ElSa

Copie_de_juillet_2007_1502

Et une biscotte : LuCiE

juillet_2007_1352

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20 septembre 2007

Notre dernier né

Celui-ci ne se réveillera pas la nuit, ne vomira pas tous ses bibis, c'est notre petit dernier : un blog !!

Et oui, je m'y mets enfin ... vaut mieux tard que jamais !

Ce blog est un moyen pour moi de garder noir sur blanc des anecdotes du quotidien, pour nous, pous nos filles plus tard. Et aussi pour donner des nouvelles régulièrement à ceux qu'on ne voit pas assez.

Brèves présentations :

Moi c'est Aurélia, 28 ans, orthophoniste. On m'appelle Bisounours parce que dans mon monde tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil. Petit coeur d'artcihaud, je n'aime pas facilement mais quand j'aime je suis entière, parfois à mes risques et périls, mais je me soigne. J'aime mon métier qui me passionne chaque jour un peu plus, je vous en parlerai de temps à autre. J'aime mon mari pour pleins de raisons dont je parlerai plus tard aussi mais surtout parce qu'il m'a fait deux filles merveilleuses. Je ne suis plus la même depuis que je suis mère, j'ai trouvé ma voie, mon but ... mes filles sont ce dont je suis le plus fière, mais d'elles aussi je vous parlerai plus tard !! Que de promesses ...

Place aux photos !

Posté par lucielsa à 18:09 - - Commentaires [2] - Permalien [#]